{"id":1007,"date":"2021-08-29T09:30:00","date_gmt":"2021-08-29T07:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/arsaether.com\/?p=1007"},"modified":"2021-08-29T05:06:41","modified_gmt":"2021-08-29T03:06:41","slug":"la-dame-dans-le-cadre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/2021\/08\/29\/la-dame-dans-le-cadre\/","title":{"rendered":"LE GRENIER DES MYST\u00c8RES"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"has-text-align-center\">La dame dans le cadre<\/h2>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator\"\/>\n\n\n\n<p>Les biens les plus raffin\u00e9s, les endroits les plus somptueux, une instruction des plus pouss\u00e9es, des privil\u00e8ges \u00e0 n\u2019en plus savoir o\u00f9 donner de\u00a0la t\u00eate\u2026 Toutes ces douceurs avaient \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es \u00e0 <strong><em>Abigail Hawkeshire<\/em><\/strong> d\u00e8s sa naissance. Qu\u2019est-ce que la vie pouvait offrir de plus lorsque l\u2019on \u00e9tait l\u2019unique h\u00e9riti\u00e8re d\u2019une longue lign\u00e9e aristocratique?<br><\/p>\n\n\n\n<br>\n<p class=\"has-text-align-center\">Cette histoire d\u00e9bute comme beaucoup d\u2019autres. Tristement, irr\u00e9vocablement.&nbsp;<br><\/p>\n<br>\n<br>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Dans le village de son enfance, on disait de la jeune femme qu\u2019elle \u00e9tait un rayon de soleil, brillante tant par son esprit que sa bont\u00e9 envers autrui. Il \u00e9tait tout \u00e0 fait \u00e9tonnant de lui constater d\u2019aussi charmantes qualit\u00e9s quand on connaissait ses parents, qui eux, pr\u00e9sentaient nettement moins de grandeur d\u2019\u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">D\u2019un naturel ind\u00e9pendant, Abigail habitait seule le Manoir des \u00e9rables, la demeure que son p\u00e8re lui avait l\u00e9gu\u00e9e. Elle avait toujours repouss\u00e9 ses pr\u00e9tendants et son mariage. Ils n\u2019\u00e9taient pas ce \u00e0 quoi elle aspirait. Mais elle arrivait \u00e0 un \u00e2ge o\u00f9 il devenait inconvenant pour une lady respectable de demeurer sans \u00e9poux. Ses parents, qui portaient sur leurs visages leurs caract\u00e8res, avaient une vision, comme beaucoup d\u2019autres de leur rang: tr\u00e8s \u00e9triqu\u00e9e. On devait faire les choses pour le bien commun, pour la famille, pour le nom, pour les richesses, pour le pouvoir. Mais surtout pour eux-m\u00eame.<br>Apr\u00e8s les nombreux partis qu\u2019elle avait \u00e9conduits, on ne lui laissa gu\u00e8re le choix. Elle devrait \u00e9pouser <em><strong>Lord Cavendish<\/strong><\/em>, un lointain cousin. Une aubaine inestimable pour p\u00e9renniser le sang et continuer d&rsquo;asseoir leur domination sur leurs terres respectives. Quelle chance, quel bonheur que l\u2019homme f\u00fbt toujours un parti \u00e0 prendre !<\/p>\n\n\n\n<p>On ne demanda plus \u00e0 aucun moment l\u2019avis d\u2019Abigail. Elle protesta mais personne ne l\u2019entendait. C\u2019\u00e9tait comme \u00e7a et pas autrement. Quand on est une lady, on se doit de faire ce qu\u2019il faut.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">L\u2019amour ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Oui.<br><br>Voil\u00e0 ce qui lui \u00e9tait interdit.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">La chaleur, le soutien, l\u2019harmonie\u2026 Ce serait pour une autre vie.<br>Jamais elle ne pourrait l\u2019aimer. Jamais elle ne pourrait ne serait-ce que ressentir le moindre sentiment de sympathie envers ce futur \u00e9poux. Jamais elle ne le pourrait&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">La peur.<br><br>C\u2019\u00e9tait cette \u00e9motion qui l&rsquo;habitait.\u00a0<br><br>Car il ne fallait jamais oublier : <em>Les apparences ne peuvent \u00eatre que ce qu\u2019elles sont.<\/em><\/p>\n\n\n\n<\/br>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Lord Cavendish n\u2019avait pas la meilleure des presses. Il \u00e9tait perfide, violent. Personne ne trouvait gr\u00e2ce \u00e0 ses yeux.<br>Des bruits couraient. Le Lord avait fr\u00e9quent\u00e9 des femmes dans des auberges feutr\u00e9es de sa ville. Et toutes avaient disparu de la m\u00eame mani\u00e8re. On les voyait s\u2019\u00e9clipser tard le soir avec lui et, alors que les tavernes se vidaient, on ne voyait plus jamais leurs jupons virevolter.<br><br>Personne ne le formulait \u00e0 haute voix mais tout le monde pensait, savait, le Lord coupable. Mais que valait la vie de femmes si insignifiantes ? Qui pouvait se targuer d\u2019avancer de tels propos quand on vivait une vie mis\u00e9rable dont l\u2019\u00e9quilibre \u00e9tait si pr\u00e9caire ?<\/p>\n\n\n\n<p>La famille Cavendish fermait les yeux: si on ne disait rien, si on faisait comme si cela n\u2019existait pas, cela n\u2019existait tout simplement pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Une col\u00e8re, une r\u00e9volte, s&rsquo;\u00e9veilla progressivement dans le c\u0153ur d\u2019Abigail. Elle \u00e9tait seule. Elle n\u2019avait aucun ami, aucun membre de sa famille sur qui compter. Les jours s&rsquo;\u00e9coulaient dangereusement et compendieusement, la rapprochant toujours un peu plus du jour fatidique o\u00f9 le Lord viendrait la rejoindre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Il fallait trouver une solution.<\/p>\n\n\n\n<\/br>\n\n\n\n<p>Sa marge de man\u0153uvre \u00e9tait si restreinte. Ses parents contr\u00f4laient tout.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\">Elle aurait pu fuir. Mais o\u00f9 aller? Malgr\u00e9 son \u00e9ducation et les connaissances qu\u2019elle avait, elle \u00e9tait aussi consciente de la r\u00e9alit\u00e9 des faits. Sans argent, elle finirait comme la majorit\u00e9 des jeunes femmes sans nom et sans h\u00e9ritage : saoule et au fond d\u2019une chambre.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, elle repensa aux histoires que sa nourrice lui racontait lorsqu\u2019elle \u00e9tait enfant. Des sornettes qui ne faisaient qu\u2019embrumer son esprit, d\u2019apr\u00e8s ses parents; bien que le terme \u201cg\u00e9niteurs\u201d f\u00fbt plus appropri\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle osait \u00e0 peine croire le geste qu&rsquo;elle s&rsquo;appr\u00eatait \u00e0 faire. Et pourtant, en son for int\u00e9rieur, elle savait que c&rsquo;\u00e9tait ce qu&rsquo;elle devait tenter, aussi absurde que cela puisse para\u00eetre. Elle \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9e. Si son entreprise fonctionnait, plus aucun retour ne serait possible.<br>Si personne ne pouvait la sauver; si les \u00eatres de son propre sang consid\u00e9raient si peu sa vie; si seules les richesses, les domaines, la descendance comptaient au d\u00e9triment de sa propre existence; elle ne se plierait pas aussi docilement au destin qui lui \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Un matin pluvieux, alors que le brouillard \u00e9pais tardait \u00e0 se lever, elle se rendit dans l\u2019un des villages avoisinant, dans une librairie miteuse qui ne voyait que peu de monde passer. Elle y d\u00e9gota un vieux grimoire, un recueil de magie noire. Elle le ramena discr\u00e8tement, faisant passer le bouquin pour un roman d\u2019amour.<br>Un roman d\u2019amour&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Puis\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><em>Lorsque plus un seul bruit, un seul souffle de vie, ne se fit entendre, elle descendit dans la cave et d\u00e9buta l&rsquo;incantation.<\/em><br><br>Elle serait maudite.<br>Elle ne pourrait plus jamais avoir de descendance.<br>Par ce geste elle maudissait toute sa famille.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Les jours suivants se d\u00e9roul\u00e8rent dans le calme le plus habituel qu\u2019il soit.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Il arriva au manoir.<br>Les jours, les semaines, puis les mois s\u2019encha\u00een\u00e8rent douloureusement. Le Lord souffrait d\u2019un temp\u00e9rament lunatique. Il \u00e9tait impr\u00e9visible. Et naturellement, ce f\u00fbt Abigail qui en faisait les frais.<br>Pouvait-on trouver plus terrifiant que de ne jamais savoir \u00e0 quel moment il allait exploser ? Un sourire pouvait se transformer, en une fraction de seconde, en un rictus de haine. Une conversation des plus pos\u00e9es, des plus anodines, pouvait se transformer en crise de rage.<br>On ne dit pas non \u00e0 un homme \u00e0 qui on a jamais demand\u00e9 quelconque r\u00e9signation.<br>Sa noirceur n\u2019en \u00e9tait que plus terrible car aucun repos n&rsquo;\u00e9tait possible, il fallait rester chaque instant sur le qui-vive.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Tout allait de mal en pis. L\u2019approche d\u2019un important voyage d&rsquo;affaires le rendait encore plus irascible et col\u00e9rique. En effet, le ventre de sa femme ne s&rsquo;arrondissait pas et il perdait patience. Cette honte, cette impuissante, le rendait incontr\u00f4lable.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Lady Cavendish savait que ses jours \u00e9taient compt\u00e9s. Mais une forme d&rsquo;indolence s&rsquo;\u00e9tait progressivement empar\u00e9e d&rsquo;elle depuis le jour de sa mal\u00e9diction. Il faisait de plus en plus froid.<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 tout, elle vit dans le d\u00e9part du Lord une occasion de s&rsquo;extirper de cette condition.<br>Tout devait s&rsquo;arr\u00eater.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Alors, la veille de son d\u00e9part, en pleine nuit\u2026<br><br><em>Lorsque plus un seul bruit, un seul souffle de vie ne se fit entendre, elle descendit dans la cave et d\u00e9buta une nouvelle incantation.<\/em><br><br>Il serait maudit.<br>Il serait condamn\u00e9 \u00e0 une vie immortelle dans laquelle il ne pourrait plus ressentir aucune sensation, except\u00e9es celle de la faim et de la soif. Il serait emmur\u00e9 dans le lieu le plus recul\u00e9, le plus profond du manoir.<br>Par ce geste, elle prot\u00e9geait les quelques ann\u00e9es qui lui restaient de sa d\u00e9plorable vie, et par-dessus tout, elle prot\u00e9geait toutes les femmes qui lui auraient succ\u00e9d\u00e9.<br>Personne ne m\u00e9ritait un tel sort.<\/p>\n\n\n\n<p>Au petit matin, tout le personnel de maison pensait que Lord Cavendish \u00e9tait parti aux aurores, sans crier gare. Il ne rendait jamais de compte \u00e0 qui que ce soit, alors pourquoi l\u2019aurait-il fait ce jour-l\u00e0 ?<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Le Lord ne revint jamais.<\/p>\n\n\n\n<\/br>\n\n\n\n<p>Personne ne pleura sa disparition.<br>La maison respirait \u00e0 nouveau.<br>Pour combien de temps ?<br><\/p>\n\n\n\n<p>Lady Cavendish continua sa vie \u00e0 donner le change, \u00e0 inviter les dames et messieurs de son rang.<br><br>Cependant, une g\u00eane s\u2019installait. Une pr\u00e9sence qu\u2019elle ne remarquait que par intermittence, du coin de l&rsquo;\u0153il, et dont elle ne pouvait d\u00e9finir la nature.<br>Elle n\u2019\u00e9tait plus seule.<br>L\u2019Ombre s\u2019installait.<br><br>Les ann\u00e9es s&rsquo;\u00e9coul\u00e8rent, et trente longues, interminables, ann\u00e9es plus tard: aucune ride, aucune marque, n&rsquo;avait sillonn\u00e9 son visage.<br>C\u2019\u00e9tait si \u00e9trange.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ne vous m\u00e9prenez pas.<br><br><em>Les apparences ne peuvent \u00eatre que ce qu\u2019elles sont.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;opulence et la jeunesse n\u2019\u00e9taient que des fa\u00e7ades, \u00f4 combien s\u00e9duisantes et pourtant si vici\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque jour qui s\u2019\u00e9tait \u00e9coul\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 un peu plus lourd. Son Ombre avait commenc\u00e9 \u00e0 la tourmenter. Elle saturait son espace jusqu\u2019\u00e0 l\u2019air qui p\u00e9n\u00e9trait ses poumons, la consumait de l&rsquo;int\u00e9rieur, s\u2019en nourrissait, l&rsquo;\u00e9puisait.<br>Les lieux en avaient \u00e9galement p\u00e2ti. Tous les \u00e9rables, autrefois si beaux, si flamboyants en automne, rev\u00eataient \u00e0 pr\u00e9sent de permanents habits d&rsquo;hiver. Plus aucune plante, plus aucune fleur ne poussait sur le domaine.<br>Une fois la nuit tomb\u00e9e, lorsque le manoir se drapait de silence, en tendant l\u2019oreille, on pouvait percevoir des cris rauques, des cognements \u00e9touff\u00e9s. Ce vacarme la ramenait sans rel\u00e2che \u00e0 ce qu\u2019elle avait fait. Le manque de sommeil \u00e9tait p\u00e9nible \u00e0 supporter.<br>Lady Cavendish, devenue insomniaque, occupait ces moments de perdition en lisant tous les livres qu&rsquo;elle pouvait, tous les livres qui lui consentaient quelques instants d&rsquo;\u00e9vasion, de r\u00eaverie. Une multitude de vies, de choix, et de chemins qu&rsquo;elle n&rsquo;aurait jamais plus l&rsquo;occasion d&#8217;emprunter.<br>N\u00e9anmoins, tous ses efforts se soldaient par des \u00e9checs. Immanquablement, l\u2019Ombre se rappelait \u00e0 elle, chaque fois plus violemment que la pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant ces heures de t\u00e9n\u00e8bres, il n&rsquo;\u00e9tait pas rare de retrouver les domestiques dans les cuisines. Ils venaient s&rsquo;y rassembler, s&rsquo;y r\u00e9fugier pour ne pas faire face seuls \u00e0 l\u2019obscurit\u00e9. Ils devenaient anxieux et sentaient comme une force invisible \u00e9treindre leurs poitrines.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis, il arriva un moment o\u00f9, comme d&rsquo;un commun accord, les domestiques d\u00e9sert\u00e8rent petit \u00e0 petit les lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Lady Cavendish payait sa d\u00e9livrance, et celle de bien d&rsquo;autres, au prix d&rsquo;un fardeau des plus aust\u00e8res, teint\u00e9 d&rsquo;isolement, de solitude.<br>Les rumeurs circulaient vite, et les gens qui se vantaient d&rsquo;\u00eatre ses plus fid\u00e8les proches venaient de moins en moins lui rendre visite. Tout \u00e9tait devenu trop lugubre.<\/p>\n\n\n\n<p>Seule une domestique \u00e9tait rest\u00e9e. Il s&rsquo;agissait de Tamara, la fille de la d\u00e9funte nourrice d&rsquo;Abigail. Les deux femmes demeuraient depuis toujours tr\u00e8s distantes l&rsquo;une de l&rsquo;autre. Mais le sens du devoir poussait Tamara \u00e0 maintenir son service car il fallait perp\u00e9tuer la m\u00e9moire de sa m\u00e8re qui avait aim\u00e9 et \u00e9lev\u00e9 Abigail comme son deuxi\u00e8me enfant. Malgr\u00e9 tout, elle rentrait chez elle tous les soirs apr\u00e8s son travail. Rester sur place \u00e9tait une \u00e9preuve qu\u2019elle\u00a0ne pouvait s\u2019infliger.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Une nuit, alors que le ciel \u00e9tait d\u00e9gag\u00e9 et que les \u00e9toiles scintillaient, la ma\u00eetresse des lieux connut, contre toute attente, une accalmie.<br>Elle reprit son souffle, apais\u00e9e.<br><br>Puis&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><em>Lorsque plus un seul bruit, un seul souffle de vie, ne se fit entendre, Lady Cavendish disparut. <br><\/em><br>Le ch\u00e2timent avait bien assez dur\u00e9. La ran\u00e7on exig\u00e9e par la magie avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9e.<br>L\u2019Ombre avait \u00e9t\u00e9 accueillie comme une vieille amie et l\u2019avait emport\u00e9e. Il \u00e9tait temps pour elle de se reposer et de renouer avec celle qu\u2019elle avait un jour \u00e9t\u00e9.<br><em>Abigail Hawkeshire<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<\/br>\n\n\n\n<p>Le lendemain matin, la domestique la chercha partout. Seul son \u00e9cho lui r\u00e9pondait. Elle ne trouva qu&rsquo;un cadre repr\u00e9sentant sa ma\u00eetresse de profil, aur\u00e9ol\u00e9e d\u2019une ombre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le manoir fut d\u00e9laiss\u00e9, abandonn\u00e9. Plus personne de la famille ne souhaitait s\u2019approcher du domaine. On disait que la seule \u00e9vocation de son nom portait malheur. Il f\u00fbt oubli\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est au milieu du XX \u00e8me si\u00e8cle qu&rsquo;on rouvr\u00eet la b\u00e2tisse et qu&rsquo;on m\u00eet en vente tous les biens. Du moins ce qu\u2019il en restait.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<\/br>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-justify\"><strong><em>Yvette Temp\u00eate<\/em><\/strong>, globe-trotteuse et grande collectionneuse de curiosit\u00e9s, d&rsquo;objets singuliers, trouva chez un antiquaire un somptueux portrait d\u2019une belle femme noble se d\u00e9tachant d\u2019une forme sombre. Elle f\u00fbt imm\u00e9diatement charm\u00e9e par cette toile et l&rsquo;obtint pour une bouch\u00e9e de pain, sans pour autant en conna\u00eetre l&rsquo;histoire.<br>La seule chose qu\u2019elle racontait \u00e0 ses petits-enfants \u00e9tait qu&rsquo;une aura de protection s\u2019en d\u00e9gageait et que la lumi\u00e8re \u00e9manant de la lucarne du grenier accentuait la douceur et l&rsquo;air serein de la <em>Dame dans le Cadre<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La dame dans le cadre Les biens les plus raffin\u00e9s, les endroits les plus somptueux, une instruction des plus pouss\u00e9es, des privil\u00e8ges \u00e0 n\u2019en plus savoir o\u00f9 donner de\u00a0la t\u00eate\u2026 Toutes ces douceurs avaient \u00e9t\u00e9 accord\u00e9es \u00e0 Abigail Hawkeshire d\u00e8s <a href=\"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/2021\/08\/29\/la-dame-dans-le-cadre\/\"> Read more&#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1072,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":""},"categories":[1],"tags":[],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/arsaether.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/dame-dans-le-cadre-web-scaled.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1007"}],"collection":[{"href":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1007"}],"version-history":[{"count":43,"href":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1007\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1187,"href":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1007\/revisions\/1187"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1072"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1007"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1007"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/arsaether.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1007"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}